photos
Tous les membres de l’UAGM Athlétisme te
félicitent et sont fiers de TOI mon Pierrot.
Tu portes haut les couleurs du Club et de
Gujan-Mestras et en plus tu es un “type bien
« Ce soir, je sens que je vais faire des
conneries. Lesquelles ? Je n’en ai aucune idée.
Ça dépendra de mon humeur. »
Pierre-Ambroise Bosse avait le sourire
espiègle, au moment d’évoquer les heures qui
vont suivre son premier podium international. A
vingt ans tout juste, le demi-fondeur de l’UA
Gujan Mestras voulait profiter pleinement de
l’instant présent et faire honneur à sa
réputation de fêtard. Ce soir, à Helsinki, le
grand public a sans doute découvert le grand
spécialiste du 800 m que la France de
l’athlétisme attend depuis si longtemps. Pour
retrouver trace d’une médaille européenne sur
cette distance, il fallait, avant aujourd’hui,
remonter à 1950 et l’argent de Marcel
Hansenne. Une éternité. Épatant tout au
long de son premier grand championnat chez les
grands, le Français entraîné par Bruno
Gajer a pris ses responsabilités en
finale, en restant dans les deux premières
places pendant toute la course. Encore en lice
pour la victoire à l’entrée de la dernière ligne
droite, il voyait finalement le Russe
Yuriy Borzakovskiy (1er en 1’48’’61) et
le Danois Andreas Bube
(1’48’’69) lui passer sous le nez. Mais il
s’accrochait jusqu’au bout pour aller chercher
le bronze en 1’48’’83.
« Cette médaille a bon goût, elle fait du
bien, savoure l’étudiant en kinésithérapie,
qui a mis ses études entre parenthèses pour se
consacrer à sa carrière d’athlète. J’avais
fait le kéké en disant que je voulais l’or. Mais
je ne crache pas sur un podium. » L’avenir
lui appartient, ce qui ne l’empêche pas de
respecter et même d’admirer « Borza », champion
olympique en 2004. « Quand il m’a passé, je
me suis dit que ce n’était pas le même niveau et
pas le même métier. » En trois courses, le
champion d’Europe junior aura beaucoup appris,
et engrangé une expérience inestimable. « Je
n’ai plus du tout peur de courir contre eux.
Enfin, eux non plus n’ont sans doute pas peur de
moi, corrige-t-il avec sa gouaille
habituelle, qui fait le bonheur des
journalistes. Il va maintenant falloir que
je travaille ma fin de course. »
Pierre-Ambroise est un jeune homme pressé. «
On a des exemples en France de mecs qui arrivent
à réussir très tôt, comme Christophe
Lemaitre et Jimmy Vicaut.
J’ai envie de suivre leur voie. » Il y
avait la génération Santiago 2000. Il y a
désormais la génération Tallinn 2011